juin

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Adieux de Pierre POULET – Homélie – Messe du 26 juin 2016

Par Administrateur

« Pierre, m’aimes-tu ? »
« Seigneur, tu sais bien que je t’aime ! »
« Alors, sois le pasteur, le berger de mes brebis ! ».

A la suite de Pierre, c’est l’attachement à la personne de Jésus-Christ qui a fait de moi le prêtre que je suis.
Cette question, je l’ai entendue très jeune et renouvelée par un prêtre 
de la paroisse de mon enfance .

Je me voyais dans l’enseignement et le Seigneur m’a demandé d’annoncer sa Bonne Nouvelle.
Par la suite, j’avais, comme tout jeune, des projets de vie sur la manière de vivre le ministère de prêtre.
Mais l’évolution du monde et les
événements, le Concile Vatican II, les nouveaux besoins de l’Église m’ont fait vivre d’autres réalités missionnaires.

Si, au début de ma prêtrise, j’ai pu associer ma présence aux enfants et aux jeunes au sein de l’Enseignement Catholique à travers l’annonce de la catéchèse et les activités de loisirs, très vite j’ai pris part, lors des week-ends, à la vie paroissiale ( au Faubourg de Béthune et à Mons en Barœul ) ce qui m’a fait découvrir que sans la présence active des laïcs comme collaborateurs à la mission de l’Église, le prêtre, à lui tout seul, ne peut faire face aux besoins et exigences de la vie du Peuple de Dieu : c’est la communauté chrétienne toute entière qui a la responsabilité de l’annonce de l’Évangile.
Certes, la personne du prêtre reste le signe privilégié de la présence du Christ au milieu de son peuple, mais il est appelé à être le rassembleur, spécialement quand il
célèbre l’Eucharistie, l’action de grâce pour l’amour de Dieu pour l’humanité.
C’est ce que j’ai essayé, tant bien que mal, de vivre en tant que curé au milieu de vous.

J’ai aimé les eucharisties dominicales avec vous, au milieu de vous. Je me suis efforcé d’éclairer le message de l’Évangile lors des homélies, même si je ne suis pas un grand orateur.
J’ai été heureux aussi de célébrer le baptême des petits-enfants et aussi de quelques adultes qui sont venus vers moi et que j’ai pu accompagner ainsi que d’accompagner des jeunes foyers pour leur mariage.
Et aussi d’être là lors des messes de l’aumônerie et des scouts. Et si mon attention a été privilégiée vers la catéchèse des enfants et des jeunes, je me suis aussi rendu compte combien nos communautés chrétiennes avaient besoin d’une approche éclairée de la Parole de Dieu dont on les a souvent écartées auparavant dans un enseignement plus porté sur la morale que sur l’annonce de l’action de Dieu dans la vie des hommes à travers l’histoire et dans leur propre histoire ; les équipes de préparation au baptême et au mariage en sont trop souvent les témoins.

Un grand principe de vie m’a toujours guidé dans mon existence d’homme et de prêtre. Ce que l’on appelait jadis « le devoir d’état ». J’ai toujours veillé à être ponctuel, fidèle, présent à la vie de la paroisse. Cela a été pour moi une priorité.
Cela peut sembler ringard, mais les membres de ma famille, comme mes amis, ont toujours eu la gentillesse et la patience de m’attendre lorsqu’ils m’invitaient à partager un repas dominical ou une fête. Je les en remercie.

Je tiens à dire aux équipes paroissiales , que ce soit le service administratif tenu avec discrétion et efficacité par Véronique et à l’équipe d’accueil, les différentes E.A.P (équipe d’animation paroissiale) au C.E.P (conseil économique paroissial), les équipes catéchétiques, de préparation au mariage, au baptême, équipe de funérailles, d’animation liturgique ( la chorale avec Lucien, les animateurs et organistes), de décoration, du journal paroissial et des distributeurs et nombreux autres… que sans elles je n’aurai pas pu accomplir la mission que notre évêque m’a confiée . Je sais combien j’ai pu m’appuyer sur elles. Elles m’ont ouvert de nouveaux horizons ( et Marc a eu la grande patience de me mettre devant un ordinateur et internet avec l’ouverture d’un site paroissial).

Merci à la communauté des religieuses franciscaines qui m’ont donné la possibilité d’avoir un pied-à-terre au Blanc Riez et de pouvoir y célébrer l’eucharistie régulièrement.
Merci aux résidents de la Résidence du Village où j’ai chanté Noël et Pâques avec eux et apporté le réconfort du Sacrement des Malades.

Par ailleurs les contacts récents avec la communauté musulmane ont ouvert une brèche dans l’ignorance que nous avions peut-être les uns envers les autres.

Il y a aussi l’attention aux pauvres, prés de chez nous avec le Secours Catholique, à ceux qui viennent vers nous pour un avenir meilleur à travers la création de l’accueil des migrants et l’ouverture à l’universel avec la dynamique équipe du .C.C.F.D.

La paroisse existe au sein de la communauté humaine, au cœur de nos cités.
Merci aux municipalités de Wattignies et de Templemars pour leur collaboration et leur accueil bienveillant, dans les respect bien sûr de la laïcité, et pour l’entretien de nos églises et du presbytère, ainsi que pour la mise à notre disposition, en certaines occasions, de salles municipales.
Il s’est même forgé des liens d’amitié avec certains membres des conseils municipaux et du personnel.

Vatican II, il y a 50 ans, et le Synode Provincial, ces derniers temps, sont venus nous rappeler que l’Église n’existe pas pour elle-même, car elle est dans le monde et au service du monde avec tous les hommes de bonne volonté.

Et si je quitte mes responsabilités de curé, vu les statuts canoniques concernant l’âge, ce n’est pas pour fuir et de m’éloigner de ceux et celles avec qui j’ai essayé de vivre ma mission.
Je garde au fond de moi-même tous les gestes et marques d’amitié, d’affection et de confiance qui m’ont été donnés, ici à Wattignies et à Templemars…
Je ne m’en vais pas loin ! Phalempin, c’est tout prés.
Je ne vous dis donc pas  « adieu », mais  « au revoir »

 

Pierre Poulet

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Pour télécharger l’homélie en pdf: Homélie

 

mai

29

« Tout chrétien est appelé à prendre part à la mission du Christ »

Par Administrateur

J'ai fait une homélie là-dessus, mais c'était à Beaucamp-Ligny……

J'ai repiqué cela dans "La Croix" et je pense que cela vaut la peine d'être lu et répandu.
C'est bien dit et trop peu connu. Ce serait peut-être bien de le mettre dans nos blogs.

Bonne lecture

Michel Deswarte

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P. Christian Delarbre

ENTRETIEN: Professeur ChrIstian Delarbre, vicaire épiscopal du diocèse d’Auch (Gers), professeur d’ecclésiologie à l’Institut catholique de Toulouse.


Pour le théologien, ce « sacerdoce commun » des baptisés, remis en vigueur par le concile Vatican II, fait partie de la tradition de l’Église depuis l’Écriture sainte

 

 

Qu’est-ce que le sacerdoce commun des baptisés ?

P. Christian Delarbre : Le sacerdoce désigne une médiation dans la relation entre Dieu et les hommes. Cette médiation est parfaite en Jésus Christ. Mais, par son baptême, tout chrétien est appelé à prendre part à la mission du Christ là où il se trouve, quel que soit son état de vie. Le sacerdoce commun des baptisés signifie donc avant tout leur participation au sacerdoce du Christ. Il est appelé commun non parce qu’il est quelconque, mais parce qu’il est reçu en partage par tous les baptisés.

C’est considérable : chaque fidèle du Christ est appelé à participer à la mission de salut du Seigneur. Et pour cela, nul besoin d’autorisation, d’appel hiérarchique, d’envoi, de reconnaissance institutionnelle : par la grâce du baptême et de la confirmation, l’Esprit Saint consacre chaque fidèle du Christ pour participer à l’œuvre du Christ.

Comment s’articule-t-il avec le sacerdoce des prêtres ?

P. C. D. : Les deux réalités sont ordonnées l’une à l’autre. Le ministère sacerdotal exprime de façon « extérieure et visible » le sacerdoce du Christ auquel nous avons tous part. Il a été institué pour manifester que tout vient du Christ, que cette mission demeure celle du Christ, et non pas nôtre. Le premier sacerdoce appartient à la nature même de l’être chrétien, le second n’est reçu que par quelques-uns en vue du bien de tous.

Saint Augustin l’exprimait ainsi : « Avec vous je suis chrétien, pour vous je suis évêque. » Entre les deux sacerdoces, il y a une différence de nature et non de degré : la participation des fidèles n’est pas moins importante. Au contraire. Le sacerdoce ministériel n’existe pas pour lui même mais il est au service de la vie chrétienne, pour aider à vivre pleinement cette participation au sacerdoce du Christ, que Vatican II exprime aussi par l’appel de tous à la sainteté.

Justement, ce « sacerdoce commun » est-il une découverte de Vatican II ?

P. C. D. : Non, il fait partie de la Tradition de l’Église depuis l’Écriture sainte. La première Lettre de Pierre parle de la « race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple que Dieu s’est acquis » (1 P 2, 9). Saint Paul à son tour met l’accent sur le peuple de Dieu où il n’y a plus « ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme » (Ga 3, 28). Plus largement, il s’enracine dans la prédication du Christ qui invite tous ses disciples à l’imiter. Mais il est vrai que le sacerdoce baptismal à certaines époques a pu être éclipsé par le ministère sacerdotal. Ce que Luther n’a pas manqué de critiquer très durement, en allant jusqu’à affirmer que le sacerdoce ministériel avait détruit le « vrai sacerdoce ». 

Le concile Vatican II a véritablement mis en valeur le sacerdoce commun des baptisés. Ce qui n’allait pas de soi, comme l’illustrent les discussions autour de la rédaction de Lumen gentium . La première version du schéma de la constitution sur l’Église traitait prioritairement de la structure hiérarchique et de l’épiscopat, puis des laïcs « Peuple de Dieu » . Le deuxième schéma, qui fut finalement adopté, commence en revanche par parler du « Peuple de Dieu », comprenant donc l’ensemble de l’Église, puis consacre un chapitre à l’épiscopat, et le suivant aux laïcs. C’est une décision très importante, car elle met l’accent sur l’égalité fondamentale des membres du peuple de Dieu.

Cette redécouverte avait été préparée de longue date…

P. C. D. : Elle remonte déjà, entre autres, à saint François de Sales et sa spiritualité pour tous les fidèles. Mais c’est au XXe siècle que l’Église prend conscience plus nettement de cette dimension d’apostolat que tout chrétien remplit selon son charisme. Dans ce monde bouleversé par la révolution industrielle et la naissance des démocraties modernes, l’Église est sortie de la chrétienté et s’interroge : comment un chrétien doitil se situer dans la société ? Un vaste mouvement d’apostolat des laïcs, avec l’Action catholique, vise à faire de chaque chrétien un apôtre en son propre milieu. Les papes vont alors donner un cadre théologique à ce mouvement, se démarquant d’une opinion généralement admise d’un « laïcat réduit à une obéissance de mineur sous tutelle », comme l’écrivait Mgr Philips, acteur essentiel de la rédaction de Lumen gentium .

Avec le manque actuel de prêtres, n’y a-t-il pas le risque de passer de l’engagement des laïcs dans le monde à leur collaboration au fonctionnement de l’Église ?

P. C. D. : Ces deux dimensions coexistent déjà dans le concile Vatican II : d’une part, le sacerdoce commun comme droit de tout fidèle à rendre l’Église présente au monde et, d’autre part, l’appel large à participer à la vie communautaire de l’Église ellemême. Il est vrai qu’avec le manque de prêtres, ce deuxième appel est davantage valorisé aujourd’hui. Cela ne doit pas affaiblir la mission du chrétien dans le monde, surtout dans une société où l’on peut être tenté de vivre dans une communauté fervente mais repliée sur elle-même. Cela dit, notre société sécularisée, qui ne connaît pas le Christ, a également besoin du témoignage de la communauté chrétienne. L’un ne va pas sans l’autre.

Que pensez-vous des mouvements de contestation sur la place des laïcs dans l’Église, en Allemagne, en Autriche, en Irlande ? Faut-il confier de nouveaux ministères ?

P. C. D. : Ce que je remarque, c’est qu’en France, où l’on dénombre plus de 9 000 laïcs avec lettres de mission, la contestation n’est pas aussi forte. Est-ce parce que beaucoup de catholiques français ont des responsabilités au sein des conseils épiscopaux, dans les services diocésains ? Ce ne sont pas de simples tâches d’exécutants mais de véritables responsabilités exercées au plus haut niveau d’un diocèse. Même si le travail de reconnaissance n’est pas achevé, ces charges qui leur sont confiées n’ont pas besoin de se poser en concurrence avec le ministère des prêtres. Mais peut-être sont-elles insuffisamment mises en valeur dans les Églises où naissent les mouvements de contestation ?

Le gouvernement de l’Église est lié au sacerdoce ministériel. Pour faire droit à la revendication des laïcs, ne faudrait-il pas dissocier responsabilité et sacerdoce ?

P. C. D. : Une chose est que le prêtre soit un homme, car il représente la réalité du Christ dans son humanité concrète, une autre est la pratique du pouvoir et la question légitime de son exercice. L’Église est un peuple convoqué par le Seigneur et cela se manifeste dans la figure de l’évêque, successeur des Apôtres, qui gouverne au nom du Christ pasteur. D’où la question essentielle aujourd’hui de savoir comment il gouverne. Est-il seulement entouré de prêtres ? Dans beaucoup de diocèses, les responsables laïcs, qui sont en majorité des femmes, participent avec l’évêque et les prêtres, aux choix des options pastorales. Certains voudront qu’elles soient ordonnées par souci d’égalité. D’autres, à l’inverse, vont déplorer que cela dévalorise le prêtre… La vérité me semble au centre. Il est surtout important de considérer comment l’évêque peut se doter de véritables collaborateurs.

Comment éviter la tentation de prendre des laïcs uniquement pour « combler les trous » laissés par le manque de prêtres ?

P. C. D. : C’est assez facile à enseigner comme professeur d’ecclésiologie, plus difficile à mettre en pratique comme curé ! Lorsqu’une catéchiste annonce par exemple qu’elle arrête, on est vite tenté de se demander qui va la remplacer dans l’organigramme, plutôt que de partir des personnes et de leur appel particulier. Mais il s’agit d’inverser la perspective : tout fidèle a reçu de l’Esprit Saint des charismes pour communiquer sa foi et participer à l’édification du corps entier. À nous d’aider chacun à les découvrir et les faire fructifier. Ce qui suppose de croire aussi que les tâches nécessaires à la vie de la paroisse seront remplies… Si l’on entre dans cette confiance, surgit alors une vie spirituelle inattendue.

 

« Dans beaucoup de diocèses, les responsables sont en majorité des femmes qui choisissent avec l’évêque des options pastorales. » 

 

Recueilli par Céline Noyeau
LA CROIX du 26/27/28 mai, pages 11 & 12

 

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